Production agricole biologique

Qu’est-ce que l’agriculture biologique ?

L’agriculture biologique s’appuie sur des méthodes de production visant à créer des écosystèmes qui assurent l’équilibre des populations de ravageurs et d’organismes bénéfiques et préservent la fertilité des sols. Au Québec et au Canada, l’appellation « biologique » s’applique aux produits agricoles cultivés dans le respect des normes biologiques homologuées.

En quoi consistent les normes biologiques ?

Le référentiel de certification utilisé au Québec pour l’évaluation des demandes de certification des produits biologiques correspond à la Norme biologique du Canada dont les exigences sont publiées par l’Office des normes générales du Canada (ONGC). Ces exigences doivent être suivies à la lettre par tous les exploitants qui souhaitent associer la mention d’allégation « biologique » à des récoltes, à des animaux d’élevage, à des produits ou à une exploitation agricole.

En ce qui concerne les terres, quel est le délai d’obtention du statut biologique ?

Les terres agricoles ne doivent pas avoir été traitées avec des produits interdits par le référentiel de certification biologique ni exposées à ceux-ci dans les trois années précédant la récolte des produits qui seront considérés comme biologiques ou commercialisés sous l’appellation biologique. Dans le cas des terres vierges ou en friche, une partie de cette période de trois ans peut être calculée rétroactivement si la terre n’a pas été traitée avec des produits interdits ni exposée à ceux-ci.

Une ferme doit-elle être entièrement convertie en une seule fois ?

Les fermes peuvent se convertir progressivement à la production biologique, c’est à dire un champ, un bâtiment ou un secteur (secteur du bétail, bâtiments et aires d’exercice, etc.) à la fois, pourvu que chaque zone à convertir soit délimitée par des tracés clairement définis. Les champs doivent être entourés de zones tampons pour prévenir l’écoulement et la contamination provenant des terres environnantes. De plus, l’utilisation des installations et les pratiques agricoles doivent garantir que les cultures biologiques et non biologiques demeurent séparées et que les cultures, les animaux ou les produits biologiques ne sont pas exposés à des substances et à des matériaux non autorisés.

Il est par ailleurs interdit de se livrer à de la production parallèle, c'est-à-dire à une production contiguë de variétés biologiques et non biologiques de plantes ou d’espèces identiques. Des registres suffisamment précis doivent fournir une piste de vérification détaillée de la démarche biologique qui démontre la préservation de l’intégrité des cultures, des animaux et des produits biologiques jusqu’à la commercialisation au point de vente.

Qu’est-ce qu’un plan de gestion de la conformité aux normes biologiques ?

Le «plan de gestion de la conformité aux normes biologiques», également appelé «plan de production» ou «plan de préparation biologique», est un élément essentiel de la documentation requise pour obtenir la certification biologique. Ce plan indique qui est responsable de la chaîne de production biologique et démontre que l’exploitant dispose d’un système de suivi de toutes les pratiques et procédures de cette chaîne, de tous les intrants à l’échelle de la ferme et des installations, de toutes les quantités récoltées, produites ou traitées ainsi que de toute les activités de préparation, depuis l’entreposage et l’expédition jusqu’au point de vente.

L’exploitant doit mettre à jour ce plan et le présenter à l’organisme de certification au moins une fois par année pour conserver la certification biologique de ses produits. La plupart des organismes de certification fournissent des formulaires et des guides pour la préparation de ce document. Une fois le plan approuvé, l’organisme de certification envoie un inspecteur chargé de vérifier si les activités sont gérées conformément au plan. Tout écart au plan prévu doit être consigné par l’inspecteur et communiqué à l’organisme de certification.

Comment la fertilité des sols est-elle gérée par les producteurs agricoles biologiques ?

Les fermes biologiques ont recours à une variété de techniques pour gérer la fertilité des sols. Les agriculteurs utilisent des cultures-abris et répandent de la matière organique faite de compost végétal ou animal. Ils ont également recours à la rotation des cultures, c’est-à-dire à une alternance systématique des types de cultures (racines profondes et superficielles, exigences nutritionnelles élevées et faibles, etc.) et à la mise en jachère de sections de champs, d’une saison et d’une année à l’autre. 

Afin de préserver ou améliorer la structure, le contenu en matière organique et la composition microbienne de leurs sols, les agriculteurs choisissent d’adopter ou d’éviter certaines pratiques de labourage et de culture. Le référentiel de certification biologique homologué au Québec autorise le recours à certains minerais et à des sous-produits de diverses industries comme sources de nutriments s’il n’y a aucun risque de contamination des sols, des cultures et de l’eau.

Les agriculteurs biologiques doivent-ils prendre des précautions relatives à l’épandage du fumier ?

Oui. Le fumier brut ainsi que la matière animale ou végétale doivent être manipulés de façon à empêcher la contamination de l’eau, des sols et des cultures. Les cultures destinées à la consommation humaine dont la partie comestible est en contact avec le sol, ce qui inclut les légumes feuillus, doivent être récoltées au moins 120 jours après l’épandage de fumier brut. Ce délai est d’au moins 90 jours pour les autres cultures destinées à la consommation humaine. Le compost provenant de fumier n’est soumis à aucune restriction de ce type pourvu que les pratiques de compostage utilisées soient conformes aux exigences du référentiel de certification biologique homologué au Québec, qui fixent des seuils de concentrations acceptables de pathogènes humains et d’autres contaminants.

Comment les fermes biologiques gèrent-elles les insectes nuisibles ?

Les agriculteurs biologiques diminuent les risques et les dommages associés aux insectes nuisibles en ayant principalement recours à des méthodes comme la rotation des cultures, la diversification, la gestion de l’habitat, la lutte biologique, l'exercice de pratiques sanitaires efficaces ainsi que la plantation et la récolte en temps opportun. Ces méthodes favorisent la prédation des insectes nuisibles par des insectes antagonistes, réduisent l’attaque des cultures par de nouvelles populations d’insectes à des stades critiques de la croissance et contribuent à la robustesse et à la résistance des plantes en cas d’infestation. Lorsque ces mesures préventives ne sont pas efficaces, le référentiel de certification biologique autorise le recours à d'autres substances énumérées. Il peut alors s’appliquer certaines restrictions relatives à l’autorisation de ces substances précisées dans les normes ou dans le plan de gestion de la conformité.

Comment les fermes biologiques gèrent-elles les plantes nuisibles ?

Les fermes biologiques ont recours à une variété de techniques de culture et de techniques mécaniques pour gérer les plantes nuisibles, dont la rotation des cultures, le paillage, l'emploi réfléchi du labour visant à éliminer les graines de plantes nuisibles des sols de surface, le désherbage fréquent visant à éliminer les pousses de plantes nuisibles ou celles arrivées à maturité avant l’apparition des graines, la gestion de l’eau ainsi que le désherbage thermique. Les agriculteurs biologiques laissent parfois pousser les plantes nuisibles à certains endroits afin de prévenir l’érosion des sols, enrichir la matière organique de ceux-ci et attirer les espèces sauvages qui se nourrissent d’organismes nuisibles. 

Comment les fermes biologiques gèrent-elles les maladies des cultures ?

Dans les fermes biologiques, la stratégie de gestion des maladies des cultures repose principalement sur la rotation des cultures, le paillage et le recouvrement des cultures pour empêcher l’érosion des sols, l’émondage, les techniques de manutention et de récolte appropriées (nettoyer fréquemment les outils et l’équipement, éviter de manipuler les plantes lorsqu’elles sont humides pour ne pas favoriser la propagation des maladies) et la sélection de variétés résistantes aux maladies. Les efforts visant à préserver et à améliorer la matière organique, la structure et l’activité biologique des sols permettent également de maîtriser la prévalence et la propagation des maladies terricoles. Certaines substances naturelles – et, en dernier recours, quelques fongicides synthétiques – sont autorisées si elles sont utilisées conjointement avec le plan de gestion de la conformité approuvé par l’organisme de certification. D’autres restrictions concernant l’utilisation de ces substances peuvent s’appliquer conformément au référentiel de certification biologique.

Quelles devraient être les conditions de vie des animaux d’élevage biologique ?

Tous les animaux faisant partie d’un élevage biologique doivent avoir accès à l’extérieur et à des aires d’exercice appropriées. Ils doivent avoir à leur disposition de la litière propre et de l’eau. Ils doivent être logés dans des bâtiments solides, propres, spacieux, bien aérés, bien éclairés et qui sont adaptés à leurs besoins physiologiques. Un accès à un pâturage, lorsque les conditions météorologiques le permettent, est obligatoire pour tous les herbivores.

Comment les besoins nutritionnels des animaux d’élevage biologique sont-ils comblés ?

Tous les produits agricoles composant la ration fourragère doivent être biologiques. L’usage de suppléments minéraux et d’additifs est soumis à des restrictions. Une part importante de l’alimentation des ruminants doit provenir de pâturages.

Comment la santé des animaux d’élevage biologique est-elle préservée et gérée ?

Les soins de santé prodigués aux animaux d’élevage reposent principalement sur des mesures préventives, comme une alimentation équilibrée à base d’aliments biologiques, une réduction du stress ainsi que la sélection de races qui présentent une bonne résistance aux maladies. Le référentiel de certification biologique restreint l’utilisation des médicaments (antibiotiques, vaccins, antiparasitaires et remèdes botaniques) et ceux-ci ne peuvent être administrés à des animaux en bonne santé. Les animaux malades doivent tout de même être traités. Un producteur qui ne soigne pas un animal malade pour tenter d’assurer le maintien de son statut d’animal d’élevage biologique risque de perdre la certification pour l'ensemble de son élevage. Aucun antibiotique ne peut être administré aux animaux d'élevage ou oiseaux abattus pour la viande ou destinés à la production d'œufs selon le référentiel de certification biologique. Les produits issus d’animaux traités au moyen de médicaments interdits ne peuvent comporter la mention « biologique » lors de leur mise en marché. Les traitements à base d’antiparasitaires synthétiques sont étroitement réglementés et sont limités au cours de la vie de l’animal.

Quelles sont les exigences relatives à la conversion à la production laitière biologique ?

Lorsqu'un troupeau laitier complet est converti à la production biologique, l'exploitant doit :

a) durant les neuf premiers mois de la période de conversion de 12 mois, nourrir les animaux avec des aliments provenant à au moins 80 %, calculés à l'état sec, de sources biologiques ou cultivés sur des terres incluses dans le plan de production biologique et gérées conformément aux exigences décrites à la clause 5 de la présente norme;
b) à compter des trois derniers mois de la période de conversion de 12 mois, nourrir les animaux avec seulement des aliments biologiques.

Quelle est la provenance acceptable des animaux pouvant faire partie d’une production de viande biologique ?

Les animaux de boucherie autres que la volaille peuvent être issus d’animaux reproducteurs élevés selon les méthodes biologiques pendant le dernier tiers de la gestation. La volaille doit être élevée selon les méthodes biologiques à compter du deuxième jour de vie.

Quels sont les intrants interdits ou autorisés dans la production biologique ?

Le référentiel de certification biologique contient des listes de substances d’origine naturelle ou synthétique assorties de restrictions d’utilisation. Les substances qui n’y figurent pas sont interdites. Ces listes couvrent une vaste gamme de substances pouvant être utilisées dans le cadre des cultures (amendements du sol et aides à la production, substances contre les plantes nuisibles, substances contre les insectes nuisibles et les maladies, substances nettoyantes), l’élevage (aliments, additifs et suppléments, substances utilisées pour les soins de santé, antiparasitaires et substances nettoyantes) et la préparation (additifs, aides à la transformation et à la manutention, substances nettoyantes).

Où puis-je obtenir les listes de substances autorisées en agriculture biologique?

Qui détermine si un produit peut être utilisé dans le mode de production biologique ?

Dans la plupart des cas, ce sont les organismes de certification qui déterminent si l’utilisation d’un intrant dans les activités agricoles ou de préparation est conforme aux normes biologiques.

Les agriculteurs biologiques doivent-ils prévoir les intrants qu’ils utiliseront ?

Les agriculteurs biologiques doivent anticiper les besoins liés à la production et déterminer les pratiques et les intrants nécessaires à cette production. Tous les intrants, y compris les fertilisants et les pesticides, qu’un agriculteur prévoit utiliser doivent être inclus dans le plan de gestion de la conformité qu’il soumet à l’organisme de certification. L’utilisation de tout intrant doit préalablement être approuvée par l’organisme, et l’utilisation de toute substance en lien avec les cultures, les sols ou les animaux doit être documentée.

Si un fertilisant est dit biologique, peut-il être utilisé sur des terres certifiées biologiques ?

La prudence est de mise, car l’utilisation du mot « biologique » dans ce contexte peut simplement signifier que le fertilisant contient des substances (peut-être des dérivés naturels) contenant l’élément carbone. Il pourrait également contenir des substances interdites par le référentiel de certification biologique, comme de l’urine ou des boues d'épuration.

De quelle façon décide-t-on de l’ajout ou de la suppression d’un produit des listes canadiennes de substances autorisées en agriculture biologique ?

Des instructions détaillées et les formulaires à utiliser pour proposer des modifications à la liste des substances autorisées par les normes biologiques canadiennes (Document 32.311 Systèmes de production biologique – Liste des substances permises de l’Office des normes générales du Canada) se trouvent à l'article 10 du document 32.310 Systèmes de production biologique - Principes généraux et normes de gestion.

 

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2015